Auteur de deux passes décisives sur les deux derniers matches de championnat, il a été buteur avec la sélection d'Algérie la semaine dernière. A 22 ans, le gaucher devrait même connaître sa deuxième titularisation en L1, samedi contre Istres, en raison du forfait de Le Pen. Salim Arrache est en plein dans son rêve.
Vous êtes l'homme en forme du moment au Racing. Comment le vivez-vous ?
Je me fais surtout chambrer dans les vestiaires. Moi, je ne revendique rien. Le coach me fait confiance et j'essaie de donner le maximum. Si je suis sur le banc, la philosophie est la même, je tente de tout casser. C'est vrai que la blessure d'Ulrich me place sur le devant de la scène. Mais je sais aussi qu'il me reste beaucoup de progrès à faire, dans le replacement défensif et sur certains gestes techniques, notamment.
Comment avez-vous appris votre première titularisation, samedi dernier ?
Lors de la causerie, même si je m'y attendais un peu. Cela prouve que l'entraîneur a confiance en moi. J'attendais ça depuis quelques temps. Depuis ma première apparition en L1, en fait. Débuter un match et rentrer quinze minutes en fin de partie, c'est différent. Là, j'ai essayé d'être simple sur les premiers ballons et de me mettre en confiance. En tout cas c'est bien de ramener un point pour ma première titularisation.
Avoir resigné pour deux ans cet été, vous a libéré d'une certaine pression ?
Je suis beaucoup moins stressé. C'était comme un déclic pour moi. J'avais quelques contacts ailleurs mais je n'étais pas pour partir car Antoine Kombouaré était encore là et qu'il m'avait tenu un discours intéressant. Et puis, c'est lui qui m'a lancé.
Signer son deuxième contrat pro est une étape importante dans la carrière d'un jeune footballeur.
Au début, j'étais un peu fou-fou. J'avais la pression aussi car je ne savais pas quel avenir j'aurai au club. Avec ce nouveau contrat, je peux dire que mon statut pro démarre maintenant. J'en rêvais, quand j'étais môme, et maintenant, je suis dedans. Mais il faut y rester. Avant je rigolais quand on me parlait d'hygiène de vie. Je ne pensais pas que c'était aussi important. Ce sont des détails qui font la différence, au haut-niveau. En 2000, je jouais encore à Marignane en CFA2. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé au centre de formation du Racing et deux ans après, je débutais en pro. Le changement est fort.
Etait-il important pour vous, également, de resigner dans un club que vous connaissez ?
J'attaque ma quatrième saison ici. Je connais les gens, le club et l'entraîneur. Je ne voulais pas partir car j'aurai dû tout recommencer à zéro ou presque.
Est-ce une fierté de réussir dans le football avec un parcours atypique comme le vôtre ?
Je suis arrivé par la petite porte, dans le milieu du foot. Aujourd'hui, je dispute des matches internationaux. C'est une grande fierté. Mon père m'a souvent poussé pour que je bosse et que je ne baisse jamais la tête. Ma réussite, je la dois beaucoup à ma famille. Je viens d'un quartier bizarre où il y a de la délinquance. Le foot et mes parents m'ont sauvé de ça.
Vous êtes également devenu international en cours de saison dernière. Cela représente quoi de porter le maillot algérien ?
Quand j'étais petit, je disais souvent à mon père, pour le chambrer, que je ne porterai jamais le maillot de la sélection parce qu'ils étaient nuls et qu'ils ne gagnaient jamais rien. Mais aujourd'hui, c'est une grosse fierté à chaque fois que je suis convoqué pour une rencontre internationale. Enfiler le maillot et entendre l'hymne, repris par 80 000 spectateurs, ce sont des moments très forts. Ce sont des sensations inoubliables.
Vous êtes-vous fixé des objectifs personnels à atteindre pour cette saison ?
Jouer le plus souvent. Essayer de marquer des buts aussi, même si les passes décisives aident également l'équipe. Après, ça dépend aussi d'Ulrich Le Pen. S'il est au niveau de la fin de saison dernière,.... Mais je ne lâcherai rien. C'est l'état d'esprit qu'il faut avoir dans ce milieu, je crois.
Cela fait bientôt un an que vous avez débuté en L1. Y a-t-il une image que vous retiendrez de cette année ?
Mon tir au but en coupe de France au Vélodrome. Ca, ça restera gravé très longtemps. Trois ans avant, j'étais au stade en tant que supporter. Là, j'ai joué contre l'OM, devant mes amis et j'ai marqué un penalty. A l'intérieur, il y a plein de choses qui se sont passées. Je revoyais mon père qui refusait que je signe à l'OM. Quand je suis parti du rond central, j'ai vu défilé ces images. Aujourd'hui, quand je retourne chez moi, voir mes amis et ma famille, je peux être fier. On m'appelle le "Marseillais de l'Est". Ca me plaît bien.
